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Business angel : découvrez l’investissement dans les sociétés non-cotées

Par Céline Astruc, le 9 décembre 2008

Les investisseurs intéressés par les PME ont gagné en maturité, échaudés par l’explosion de la bulle Internet. "À l’époque nous avons pris des décisions beaucoup trop vite et nous en avons subi le contrecoup", se remémore Claude Boulot, d’Investessor.

Désormais, son club de business angels effectue une sélection drastique des entreprises. "Nous recevons environ plus d’une centaine de dossiers par an. Nous analysons leur secteur, leurs marchés, leur business plan, nous rencontrons les dirigeants", explique-t-il. "Puis nous sélectionnons une quarantaine de dossiers, que nous présentons par groupe de quatre à nos membres. S’ensuivent des discussions avec les entrepreneurs, mais aussi avec les autres investisseurs. Finalement, chaque année, notre Club entrera au capital d’une dizaine de sociétés."

Le chiffre peut paraître restreint, mais décider de devenir un business angel, en français "l’ange d’un entrepreneur", est exigeant. Il faut investir et s’investir. Certains créateurs d’entreprises ne recherchent que de l’argent et, faute d’en trouver auprès des banques, ils tentent leurs chances auprès des investisseurs privés. Fuyez-les et préférez des entrepreneurs ouverts aux conseils, prêts à profiter de votre expérience, de vos compétences et de votre carnet d’adresses. Vous y passerez plus de temps, mais la relation n’en sera que plus satisfaisante, sans compter que vous pourrez ainsi agir sur la valorisation de votre patrimoine.

"Par définition, le business angel s’engage dans une aventure d’investissement pour le côté humain ; à savoir que, s’il s’intéresse à une société, c’est quelque part pour une création par procuration. Il veut être associé intimement au développement de la société", témoignait Michel Guilhermier, business angel et président de Photoways, en 2003, lors d’un colloque organisé par France Angels.

Les bons entrepreneurs en ont souvent conscience. Lors de la même manifestation, Pierre Kosciusko, P-dg de Priceminister.com, précisait que "les business angels apportent beaucoup de compétences, une expérience pour les négociations et du recul sur les prises de décision. Ils nous apportent aussi leurs réseaux tout en s’adaptant à la logique du chef d’entreprise."

Mais, au travers de ces témoignages, vous aurez compris que n’importe qui ne peut pas devenir un vrai business angel. Mieux vaut avoir soi-même été entrepreneur ou dirigeant d’entreprise. Sans compter que le ticket d’entrée des clubs est de 25 000 euros au minimum. Et que, pour minimiser son risque, mieux vaut réitérer cet investissement tous les ans. "Sur dix participations, il faut accepter que trois auront des chances de couler, que trois végéteront, que trois autres réaliseront une croissance qui vous permettra de récupérer trois fois votre mise, et qu’une sera une pépite vous permettant de gagner dix fois votre mise", rappelle Claude Boulot, président d’Investessor.

Au final, si vous avez du flair, le taux de rendement de votre investissement peut s’avérer élevé : il sera plus que multiplié par deux.

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