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Opportunisme et volatilité
Fonds de spéculation, hedge funds, fonds de couverture ou encore fonds de gestion alternative brassent des milliards, vont et viennent sur les marchés et ont une réputation sulfureuse.
Dans un monde financier parfait, un hedge fund (ou fonds de gestion alternatif) place des capitaux pour obtenir des rendements déconnectés de la tendance générale des marchés actions ou obligations.
Toujours dans ce monde parfait, le gérant d’un hedge fund est un technicien avisé et expérimenté qui engage lui-même une partie de son argent dans sa stratégie de couverture.
Les couvertures sont spécialisées : risques de change, de baisse dans un secteur d’activité donné, dans une région donnée, etc…
Dans un monde financier idyllique, la stratégie de couverture est clairement affichée et stable dans le temps. Le gestionnaire de fonds recourt à des mécanismes bien identifiés : vente à découvert, recours aux produits dérivés, arbitrage sur taux.
Mais le monde financier est imparfait, cruel et peuplé d’investisseurs cupides.
Les hedge funds déstabilisent les marchés
Le problème des hedge funds tient à leur paradoxe initial : comment peut-on être totalement déconnecté de la tendance des marchés quand on investit sur ces mêmes marchés ? Et les investisseurs professionnels qui s’en remettent à ces fonds en attendent des performances toujours plus importantes.
C’est ainsi que de couverture, on est passé à spéculation.
La mission du fonds de couverture était avant tout de performer de façon inverse au risque couvert. Mais le client d’un hedge fund n’accepte plus de payer le prix éventuel de la couverture, c’est-à-dire de la garantie de son risque, par une contreperformance, même temporaire. Il veut gagner de l’argent sur son marché principal et sur sa stratégie de couverture : le beurre et l’argent du beurre.
De plus, les volumes d’argent manipulés par ces fonds, plus de 1 000 milliards d’euros en 2005, arrivent à fausser certains marchés.
Traditionnellement, les matières premières sont inversement corrélées aux marchés actions, sur des cycles assez longs. Les fonds de couverture actions se sont donc naturellement tournés vers ce secteur comme rempart contre une baisse des indices boursiers. Ils ont investi massivement dans les métaux de base et ont contribué, probablement à hauteur de 20%, à la hausse constatée sur ce secteur jusqu’au milieu de 2006. Leur départ précipité a ensuite donné lieu à un mini krach minier.
Leur comportement ne fausse pas les tendances de long terme, mais il engendre une forte volatilité qui trouble les industriels qui ont besoin de cours stables. Fort heureusement, les fonds ne peuvent intervenir que sur des secteurs à gros volumes.
Ce qui laisse quelques niches très profitables, sur des secteurs à plus faibles volumes, à l’investisseur avisé.
Source : Matières à profits