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Les marchés ont encore vu rouge la semaine dernière : -5,3% pour le Dow Jones, -8,4% pour le Standard & Poor 500, -8,8% pour le Nasdaq. Vendredi cependant, le Dow Jones s’est envolé de 6,54%, le S&P 500 de 6,32% et le Nasdaq de 5,18%. La raison : l’annonce de la nomination du futur secrétaire au Trésor, sous la présidence Obama, Timothy Geithner.
Pas de chance, en Europe, les marchés ont fermé trop tôt vendredi pour profiter de cette euphorie passagère. Le CAC 40 a clôturé en baisse de 3,33%. Sur une semaine, c’est la chute libre : -12,46%. Ce matin, si l’indice parisien est reparti en hausse, ce n’est pas tant grâce à Geithner qu’à Citigroup. Le gouvernement américain va voler au secours de la banque, qui licencie à tour de bras.
Obama, dans les pas de Roosevelt
Bis repetita. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes. L’après-1929 et Roosevelt. L’après-subprime et Obama.
Le "président élu", comme disent les Américains, ne prendra ses fonctions que dans deux mois. D’ici là, il ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il faut dire que Barack Obama a, en grande partie, été choisi sur sa promesse de remettre l’économie américaine sur pied. Lui et son équipe, qui se constitue peu à peu, sont sous pression.
Méconnu chez nous, Timothy Geithner, le futur gardien du Trésor américain, s’est taillé une belle réputation d’homme d’expérience en tant que président de la Réserve fédérale de New York, et surtout d’indépendance vis-à-vis des marchands de sous de Wall Street. Vendredi soir, l’évocation de son nom a suffi pour apporter une bouffée d’air frais à la Bourse américaine. Décidément, le marché va si mal qu’il se raccroche à la moindre parcelle d’espoir. Un nom, un chiffre, le rassurent le temps de quelques heures. Puis, patatras !
Obama prépare son arsenal anti-récession
On a donc eu le nom du trésorier ce week-end. On aura peut-être le chiffre aujourd’hui. Il y aura bien un plan de relance, comme Barack Obama l’avait promis pendant la campagne électorale. Mais, quels moyens compte y allouer la nouvelle équipe présidentielle ?
Le candidat Obama avait parlé de 175 milliards de dollars. On évoque aujourd’hui une enveloppe au moins deux fois plus grosse. Certains responsables démocrates se hasardent à annoncer un budget de relance de 300 à 500 milliards de dollars. Même le milliardaire Soros y va de sa petite analyse et a réclamé 300 à 600 milliards, en plus des 700 déjà versés, pour sauver l’économie américaine.
Quoi qu’il en soit, Obama veut mettre les petits plats dans les grands. "Il n’y a pas de remèdes rapides ou faciles pour cette crise, qui était en gestation depuis bien des années, et cela risque encore d’empirer avant de s’améliorer", prévient-il. On remarquera au passage la pique adressée à ses prédécesseurs, accusés à mots couverts d’être responsables de la tourmente actuelle – Obama s’était rarement "lâché" de la sorte.
Ce week-end, le futur hôte du Bureau ovale a donc annoncé tout un "ensemble d’investissements à long terme pour notre avenir économique".
Les leçons de l’Histoire seront-elles utiles ?
"Un point positif de cette crise – et crise ne semble pas un mot assez fort pour rendre compte de l’actuel chaos économique – est qu’elle crée un sens de l’urgence", écrivait ce week-end le Wall Street Journal.
Dans les années 1930, le rétablissement des Etats-Unis ne s’était pas fait en un coup de cuillère à pot. Il y a d’abord eu un premier essai, destiné à juguler ce que les économistes appellent "risque systémique", en d’autres termes éviter un effet domino qui entraînerait dans sa chute tout le système économique. Essai qui a duré 100 jours – une référence temporelle fréquente dans l’Histoire. Le président américain Roosevelt s’est d’abord acharné à parer au plus pressé comme le sauvetage des banques. Mais, l’administration américaine y était alors surtout allée à tâtons.
Octobre 2007 – octobre 2008 : branle-bas de combat similaire pour sauver l’architecture financière mondiale de la ruine, à grands coups d’annonces tonitruantes. Mais en 2008 comme en 1933, on voit très bien que cela n’a pas suffi tant les racines du mal étaient profondes.
D’où une deuxième phase de new deal. Sans doute la plus connue, celle des grands travaux destinés à moderniser l’économie et à créer de l’emploi. Obama ne fait que déterrer les bonnes vieilles méthodes de Roosevelt. Programmes de grands travaux, comme la construction de nouvelles infrastructures routières – ce qui, en soit, n’est pas superflu. Amélioration de l’indépendance énergétique du pays, sur fond de discours pro-énergies vertes. Oeuvres sociales autour de l’école, de l’assurance-santé…
Obama n’en attend pas moins de 2,5 millions d’emplois crées d’ici à janvier 2011 alors que le fléau du chômage envahit à nouveau les Etats-Unis.
Objectif : ne pas tomber dans une grande dépression, similaire à celle des années 1930. Tirer les bonnes leçons de ce précédent et ne pas faire les mêmes erreurs. Obama le sait, le plus dur est devant lui.