MoneyWeek
> Abonnement à MoneyWeek
Accueil téléphonique :du lundi au vendredi entre 9h-12h et 14h-16h au 01 44 59 91 16
Accueil téléphonique :du lundi au vendredi entre 9h-12h et 14h-16h au 01 44 59 91 16
Les cours de l’or et de l’argent auraient été manipulés durant le mois d’août, selon Ted Butler, un analyste indépendant spécialiste de l’argent. Il soutient sa thèse dans un article intitulé The Smoking Gun que l’on pourrait traduire par "la main dans le sac".
Les preuves gisent dans un bulletin public mensuel édité par le Comex de New York : le Commitment of Traders, ou COT en jargon. Le Comex est le plus gros marché mondial et ce qui s’y passe retentit sur les autres places. Les courtiers du Comex sont tenus de déclarer leurs carnets d’ordres sur les marchés à terme. Le bulletin du COT rend état de la somme ces positions, en ne détaillant que les grandes catégories d’intervenants : les professionnels, et les autres.
Sont professionnels les investisseurs institutionnels : banques, fonds, etc. Ce sont des habitués des positions short ou de vente à découvert. Ces positions se prennent lorsqu’on estime que l’objet du contrat va baisser.
Ted Butler note que, du 1er juillet au 5 août, tandis que l’argent chutait de 9 % "deux banques ont augmenté leurs positions de vente à découvert de 547% [...] Au final ces établissements ont contrôlé 61 % des positions baissières [...] C’est un chiffre totalement anormal : la moyenne est de 18 %". Ces banques ont ainsi créé un phénomène d’emballement à la baisse sur l’argent. Le cours de la livre d’argent est passé de 19 $ à 13 $, une chute de 32 % en un mois.
Une manipulation similaire se serait déroulée sur l’or. Trois banques ont accumulé un record historique de 82 000 contrats de vente à découvert sur le Comex entre le 1er juillet et le 5 août. Le cours de l’once est alors passé de 950 $ à 777,70 $, une baisse de 18 % en un mois. La plus forte baisse enregistrée par l’or depuis le début de son grand marché haussier, entamé en 2001.
Ted Butler soulevait la question de savoir si les banques anonymes, qui avaient pris ces positions de vente à découvert, avaient oeuvré pour leur propre compte ou pour un tiers. Rob Kirby de Kirby Analytics, un cabinet spécialisé de Toronto, estime probable que cette action soit "un travail commun JP Morgan et de la Banque centrale américaine". Tom Sazbo de Silveraxis pointe ses suspects préférés : JP Morgan (encore) et HSBC.
Deux aspects méritent d’être retenus. Encore une fois, l’été a montré que cours de l’argent est plus facilement manipulable, et plus volatil que celui de l’or. Ensuite, lorsque l’or baisse, l’argent baisse plus vite ; inversement, lorsque l’or monte, l’argent monte moins vite. L’écart se creuse et le rattrapage n’est pas de mise.
Si un effet de panique sur les détenteurs de métaux précieux était le but de cette manipulation, l’objectif a été manqué. Tandis que les cours chutaient violemment, les détenteurs d’or et d’argent physique ne se sont pas débarrassés de leurs métaux. Pour preuve, les fonds émetteurs de certificats basés sur une réserve physique n’ont pas vidé leurs coffres. Le stock du principal émetteur, l’américain SPDR Gold Shares est actuellement de 650 tonnes, soit le même niveau qu’en mars dernier ; lorsque l’once d’or cotait plus de 1 000 $.
Techniquement, l’analyse graphique nous dit que l’or serait plutôt orienté à la baisse et pourrait tester les 720 – 740 $. Ce niveau ne remettrait pas en cause son long marché haussier. Cependant, la chute des marchés actions de la semaine dernière a pris les analystes techniques à contre-pied. L’or pourrait peut-être réserver aussi ses surprises et rester au-dessus de 800 $ l’once.
Quant à l’argent, il reste capricieux et ultra-spéculatif. Son statut de valeur refuge est beaucoup moins universel que celui de l’or. Son "découplage" d’avec l’or semble se poursuivre.